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Le mécénat d'entreprise en France en 2014 


Le mécénat d'entreprise en France : c'est quoi, comment, par qui et combien ? Pour répondre à toutes ces questions et bien d'autres, Admical réalise tous les deux ans un baromètre en partenariat avec l’institut CSA. Retrouvez ses principales conclusions.



Le baromètre du mécénat d’entreprise en France montre en 2014 sa première baisse inquiétante depuis le début de la crise. Après une réduction des budgets déjà sensible ces dernières années, c’est le nombre d’entreprises mécènes qui est en baisse. « Les entreprises montrent depuis de nombreuses années un réel intérêt pour le mécénat et les plus grandes gardent le cap, mais la crise et les attaques politiques envers le mécénat ont eu raison de l’engagement de certaines, en particulier les PME. Pourtant, le mécénat a prouvé son efficacité en tant que moteur de développement territorial. Une situation d’autant plus préoccupante que les besoins sociétaux n’ont jamais été aussi urgents », déclare Henri Loyrette, président d’Admical.

Une tendance globale peu rassurante

Chez les entreprises de 20 salariés et plus, le mécénat d’entreprise a subi une baisse importante entre 2012 et 2014 : le taux de mécénat passe de 31 % à 21 % et le budget passe de 1,9 à 1,8 milliard d’euros. Pour la première fois, l’étude s’est également intéressée aux TPE à partir de 1 salarié, pour obtenir un panorama complet du mécénat d’entreprise. Il en ressort que plus les entreprises sont petites, moins elles sont mécènes. En effet, sont mécènes 28 % des ETI[1] / grandes entreprises (taux stable), 14 % des PME (taux en baisse) et 11 % des TPE. En moyenne, 12 % des entreprises françaises à partir de 1 salarié sont engagées dans le mécénat, ce qui représente environ 159 000 entreprises.

Les perspectives ne sont guère optimistes : 13 % des mécènes ne sont pas en mesure de se prononcer sur l’avenir de leur budget mécénat, 10 % pensent le diminuer, et 8% le supprimer. Plus l’entreprise est petite, plus l’incertitude sur l’avenir est grande.

Les 3 visages du mécénat

L’engagement des entreprises dans le mécénat varie très fortement en fonction de leur taille :

· Les ETI et grandes entreprises mécènes (2 % des mécènes soit 3 180 entreprises) donnent en tout 1,6 milliard d’euros, soit un budget moyen de 493 082 € par entreprise. Leur engagement est stable, notamment parce que ces entreprises développent un mécénat très professionnel, intégré à la stratégie de l’entreprise, combiné à des impératifs forts en termes de responsabilité sociale. Les ETI / GE sont les premières à soutenir des structures publiques (à 46 %), mais aussi à effectuer un suivi et une évaluation des projets qu’ils soutiennent (à 69 %), pour développer l’impact de leur mécénat.

· Les PME mécènes (19 % des mécènes soit 30 210 entreprises) donnent en tout 532 millions d’euros, soit un budget moyen de 17 610 € par entreprise. Elles sont souvent le moteur d’innovations sociales au plan local, et de renforcement des relations entre les acteurs d’un territoire, comme en témoigne l’essor des fondations territoriales. Leur engagement financier est en recul.

·  Les TPE mécènes (79 % des mécènes soit 125 610 entreprises), interrogées pour la première fois, donnent en tout 700 millions d’euros, soit un budget moyen de 5 573 € par entreprise. Elles représentent un véritable maillage territorial pour le mécénat, mais leur engagement est fragile.

Objectifs du mécénat pour l’entreprise et fiscalité : halte aux idées reçues

Les entreprises mécènes peuvent déduire de leur impôt sur les sociétés 60 % du montant de leurs dons[2]. Pourtant, seules 45 % d’entre elles utilisent ce dispositif. « La motivation du mécénat pour l’entreprise n’est pas fiscale. La réduction d’impôt est surtout ce qui permet à l’entreprise de donner davantage, pour avoir un impact plus grand sur les causes qu’elle soutient », commente Henri Loyrette. L’étude montre en effet que le mécénat est un moyen original pour l’entreprise d’incarner son identité, de développer des relations avec les acteurs d’un territoire, de mobiliser ses collaborateurs…

« Les TPE/PME utilisent particulièrement peu la déduction fiscale, car elles atteignent trop vite le plafond fixé par le législateur, qui dépend du chiffre d’affaires, nécessairement peu élevé dans leur cas. C’est pour cette raison que nous prônons depuis plusieurs années des aménagements de la loi Aillagon pour les TPE/PME[3]. Ces aménagement deviennent d’autant plus urgents que le mécénat des PME est en baisse ». A ceux qui crieraient à la dépense publique supplémentaire, Admical répond que « le mécénat à destination des structures publiques représente 644 millions €. Le législateur ferait donc bien de réfléchir à deux fois avant de s’attaquer au mécénat. »

Social, Sport, Santé : les 3 « S » gagnants d’un mécénat de proximité

Le social reste le budget le plus important (1,064 milliards €). Il est suivi par la santé (448 millions €), qui fait son apparition parmi les domaines qui mobilisent le plus les entreprises, et par la culture (364 millions €).

Le sport mobilise un nombre très important d’entreprises (56 %) mais pour un petit budget (140 millions €, principalement le fait de TPE), il est suivi par la santé où s’engagent 28 % des entreprises et l’éducation, qui mobilise 27 % des entreprises mécènes).

« La hiérarchie des domaines de mécénat évolue et témoigne d’un véritable souci des préoccupations sociales et sociétales actuelles, ainsi que d’une attention toute particulière apportée aux jeunes et aux nouvelles générations. Agir et pouvoir changer les choses localement est également important pour les mécènes », commente le président d’Admical. En effet, les structures privées menant des actions de proximité sont les partenaires privilégiés des entreprises.

Culture et environnement : deux domaines plébiscités par les grandes entreprises et étudiés dans deux compléments d’enquête

Deux enquêtes complémentaires ont été réalisées sur le mécénat culturel et le mécénat environnemental, en partenariat avec les missions mécénat des ministères concernés.Elles permettent de mieux identifier les profils et les motivations des entreprises qui soutiennent ces deux domaines, ainsi que d’avoir des informations plus précises sur la ventilation des budgets et des actions.

Ces deux domaines de mécénat ont la particularité d’être plébiscités par les grandes entreprises, et révèlent des profils d’engagement très différents en fonction de la taille des entreprises :

-  Le mécénat culturel est un enjeu de communication (identité, valeurs...) pour les ETI/grandes entreprises, alors que chez les TPE/PME il est notamment lié au développement de l’attractivité du territoire. Les arts vivants et la musique sont les domaines qui mobilisent le plus d’entreprises, tandis que les musées et le patrimoine sont les premiers budgets.

-  Le mécénat environnemental, qui représente 84 millions €, est impulsé par les ETI/grandes entreprises qui en sont les précurseurs. Ce soutien relève d’un engagement progressif dont la 1ère étape est la prise de conscience des enjeux et impacts environnementaux propres à l’activité de l’entreprise.

 

Etude réalisée par l’institut CSA pour Admical, par téléphone du 10 au 17 février 2014, auprès d’un échantillon de 1019 d’entreprises de 1 salariés et plus, représentatives du tissu économique français (quotas taille, secteur, régions). Un sur-échantillon de 200 entreprises mécènes dans le domaine de la culture et de l’environnement (100 entreprises par domaine) a été interrogé pour étudier particulièrement les pratiques du mécénat dans ces domaines.




[1] Entreprises de taille intermédiaire.

[2]Dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Référence : article 238 bis du Code général des Impôts.

[3] Admical propose depuis plusieurs années d’établir une franchise de 10 000 € pour l’ensemble des montants engagés au titre du mécénat, au-delà desquels s’appliquerait le plafond actuel de 0,5 % du chiffre d’affaires.